13 millions de bénévoles en France, un chiffre en hausse


"LA FRANCE BÉNÉVOLE ", Recherches&solidarités, juin 2017

Un état des lieux du bénévolat en France a été effectué avec précision, en 2016 par une enquête nationale IFOP auprès de 3.156 Français, pour le compte de France Bénévolat et Recherches & Solidarités; les mêmes termes et les mêmes questions, avait été effectuée en 2010 et en 2013.  Entre le 1er mars et le 7 avril 2017, 3 062 bénévoles de 18 ans et plus, ont été interrogés suivant une dizaine de critères (caractéristiques personnelles des bénévoles, des associations dans laquelle ils agissent). La richesse de l’échantillon a permis de le traiter, selon trois critères :

– le secteur d’intervention de l’association : sport, culture, social, formation-économie, emploi, éducation populaire, solidarité internationale, défense des droits.

– la taille de l’association : petite (moins de 50 adhérents et/ou un budget annuel ne dépassant pas 10K€), moyenne (entre 50 et 150 adhérents et/ou un budget annuel situé entre 10 et 75K€), grande (plus de 150 adhérents et/ou un budget annuel dépassant 75K€).

– le dispositif de suivi et d’animation des bénévoles au sein de l’association : une équipe ou un service spécifique, un référent, bénévole lui-même, un référent salarié, un sujet traité selon les circonstances.  

 

On estime, à 13 millions le nombre de bénévoles présents dans au moins l’une des 1.300.000 associations aujourd’hui actives.

L’augmentation constatée ces 6 dernières années est plus particulièrement portée par les hommes (23% d’entre eux étaient bénévoles en 2010, ils sont 27% en 2016) et par les générations de moins de 50 ans. La proportion des bénévoles présents régulièrement, chaque semaine dans leur association, a augmenté entre 2013 et 2016  (de 10,5% à 11,2).  

 

Les motivations :

 

-les « motivations pour les autres » : être utile à la société et aux autres  (77%), agir de façon concrète (50% en moyenne, 43% pour les 65 ans et + et 54% pour les moins de 35 ans), défendre une cause (37%, 28 à 31% pour les 35 ans et plus, 44% pour les moins de 35 ans)

 

– les « motivations pour soi », tout aussi légitimes et utiles : lier des relations avec les autres (43%, 49% pour les moins de 35 ans), donner du sens à son quotidien (40%), acquérir et développer des connaissances (34% vs 47 pour les plus jeunes), appartenir à une équipe (28%), exercer une responsabilité (21% vs 27 pour les plus jeunes). Les plus jeunes paraissent les plus demandeurs et impliqués.  

 

L’engagement est important : celles et ceux qui donnent au moins une dizaine d’heures, chaque semaine, en choisissent près de quatre motivations en moyenne: au plus haut pour ce qui concerne l’utilité sociale (82%), le sens de leur quotidien (47%), l’acquisition des compétences (44%) et l’exercice d’une responsabilité (36%). Les bénévoles qui interviennent quelques heures chaque mois, se distinguent par un fort désir de relations avec les autres (45%) et par la défense d’une cause (38%).  

 

30% se sont engagés parce qu’ils ont eu un peu plus de disponibilité (52% les 65 ans et +). 25% l’ont fait sur la suggestion d’un proche, 18% selon le besoin local ou un problème soudain, 15% du fait de la tradition familiale, 11% la sensibilisation en milieu scolaire pou universitaire, 11% une offre de bénévolat via les réseaux sociaux, et seulement 5% au travers l’activité de leurs enfants.

Leur chemin vers l’engagement bénévole, au sein de l’association : si 47% se sont engagés directement, pour 32% l’engagement a été précédé d’un temps en qualité d’adhérent de l’association et pour 10% du fait d’un service au répondant ou à ses proches (enfants, personnes âgées…).  

 

Le passage d’adhérent à bénévole s’est fait pour 46% par la sollicitation d’un membre de l’association (49% pour les 65 ans et +) et 45% en spontanéité (58% pour les moins de 35 ans); 23% du fait d’un coup de main occasionnel (36% pour les moins de 35 ans), 22% du fait de davantage de disponibilité (28% pour les 60 ans et + vs 11-15%)et 17% du fait des difficulté au sein de l’association (22% les jeunes). Là encore, les jeunes sont plus spontanés, réagissent au coup de main et en ces de difficulté de l’association.

 

Parmi les bénévoles qui ont préalablement été adhérents de l’association, la défense d’une cause, l’appartenance à une équipe et le désir de responsabilité constituent des motivations bien plus partagées que chez celles et ceux qui sont directement devenus bénévoles, plus souvent sensibles à la notion d’utilité et d’action, et à donner du sens à leur quotidien. Les bénévoles ayant un passé d’adhérent se sont plus souvent engagés face à un besoin ou à un problème local (24% contre 14%); la tradition familiale compte. Les bénévoles n’ayant aucune vie antérieure au sein de l’association ou en lien avec elle, s’engagent en fonction de leur disponibilité, pour près de la moitié d’entre eux (47%), sur la suggestion d’un ami qui peut être lui-même déjà dans l’association (24%), voire une offre sur internet (12%).

 

Les résultats de l’enquête font état d’une stabilité dans le temps quant à l’intensité de l’engagement : seulement 6% des bénévoles sont passés d’une intervention ponctuelle à une intervention régulière, et 10% ont au contraire un peu réduit leur engagement. « Plus que jamais, il est donc nécessaire que les conditions soient réunies, au sein de l’association, pour encourager les adhérents qui le peuvent …à franchir le pas; …la notion de « projet associatif » est essentielle. Elle consiste à mobiliser toutes les parties prenantes (salariés éventuels, bénévoles, adhérents, bénéficiaires éventuels), pour construire le devenir de l’association à moyen terme. »  

 

34% ont exercé plus de missions (25% les 65 ans et +), 31% plusieurs missions successives différentes (davantage les moins de 50 ans), alors que 28% ont poursuivi une même mission (plus souvent les 50 ans et +) et 6% moins de missions. Parmi celles et ceux qui interviennent quelques heures chaque mois, on retiendra une relative stabilité quant au nombre de missions exercées, alors que les bénévoles intervenant au moins dix heures chaque semaine, ont connu une forte mobilité d’une mission à l’autre (35%), et plus encore de nouvelles missions (51%). De ces faits, 49% y ont plus de responsabilité (les moins de 50 ans 50-56% vs 32 à 44 les plus de 50 ans).  

 

Satisfaction et attentes: Si c’était à refaire, 76% referaient le même parcours et 8% seraient plus volontaires. En termes d’attentes, 54% souhaitent poursuivre sans changement, 17% accéder à plus de responsabilités (23% les jeunes vs 5-11 les 50 ans et plus), mais 20% à en avoir moins ou ralentir pour arrêter bientôt (33% les 65 ans et plus). Les plus actifs sont ceux qui manifestent le plus souvent des désirs de changement, soit pour avoir davantage de responsabilités (27%), soit pour en avoir moins (12%), soit pour commencer à ralentir (20%). S’agissant des responsabilités, il y a deux fois moins de répondants pour souhaiter en avoir moins que ceux qui en souhaitent davantage (27%).  

 

Les attentes vis à vis de l’association se focalisent sur les moyens financiers et matériels (28%), la formation/les conseils (27%), le soutien (24%), notamment à la prise d’initiatives et la prise en charge des frais occasionnés (15%). 23% attendent une meilleure reconnaissance de leur action et 16% plus de convivialité. C’est notamment davantage le fait des moins de 50 ans, notamment les moins de 35 ans et des plus impliqués.

 

Les adhérents sont plus exigeants en ce qui concerne le soutien d’autres membres de l’association, les moyens financiers et la reconnaissance, donnant toute sa place à la notion d’équipe, faite d’actions collectives et de reconnaissance mutuelle. Les bénévoles sans passé particulier avec l’association et fortement animés par la volonté d’être utile, ont un peu plus besoin de se former et d’être conseillés.  

Les plus jeunes expriment davantage d’attentes, le plus souvent liées à leur statut professionnel ou à leur situation familiale: meilleure compréhension de l’employeur, horaires mieux adaptés à leurs contraintes, meilleure compréhension de leur entourage.  

 

Le profil des bénévoles:

 

les hommes se distinguent par leurs motivations pour exercer des responsabilités, les femmes sont davantage à la recherche d’actions concrètes, de relations avec les autres et d’acquisition de compétences. Les hommes sont plus souvent arrivés au bénévolat après avoir été adhérents et après avoir été encouragés par un proche ou un ami, parfois devant les difficultés éprouvées par cette association. Une fois bénévole, les hommes sont plus nombreux à exercer successivement des missions différentes, et à accéder à plus de responsabilités, au sein de la même association. Tout comme les femmes, ils sont plus de 80% à indiquer que, si c’était à refaire, ils referaient le même parcours bénévole. 

 

Les moins de 35 ans se distinguent par une multitude de motivations mises en avant pour expliquer leur engagement : défense d’une cause, relations avec les autres, développement des compétences, action concrète et désir de responsabilités. Une fois bénévoles, parfois de manière ponctuelle, près de 10% d’entre eux se sont engagés dans une action plus régulière. Ils n’hésitent pas à changer de mission au sein de la même association (33%), voire à en accepter de nouvelles en complément (37%); ils ont vu leurs responsabilités augmenter, dans une proportion significative de 56% (23% demandent plus de responsabilité).

De leur association, ils attendent plus que les autres des moyens financiers (35%), la prise en charge des frais occasionnés par cette action (19%). En complément, ils seraient heureux de pouvoir intervenir à distance, via le numérique (21%), selon des horaires mieux adaptés à leurs contraintes personnelles (23%), et ils apprécieraient une meilleure compréhension, voire un encouragement de leur employeur (34%), ainsi que de leur entourage (21%).  

 

Les 50-64 ans : un regard particulier parce que cette génération voyant partir peu à peu les enfants, se prépare à la fin de la vie professionnelle et se projette plus facilement dans un avenir bénévole plus construit. Une plus grande disponibilité (34%) les rend plus sensibles à des difficultés ou à des problèmes locaux qui déclenchent leur engagement (21%). Une fois bénévoles, ils sont encore assez nombreux à donner du temps d’une manière ponctuelle (19%), mais acceptent volontiers de nouvelles missions (34%), avec aussi des responsabilités de dirigeant (41%).  

 

Selon l’intensité de leur engagement :

 

Au rythme de quelques heures, chaque mois, ils ont le plus souvent une mission précise; au regard des autres bénévoles, il se distingue par une plus forte envie de lier des relations avec les autres. Certains ont pris leurs distances avec l’association car leur action s’est un peu espacée (14%), avec un nombre de missions qui s’est réduit (9%), mais 8% ont suivi le chemin inverse et interviennent plus régulièrement qu’avant. Bien plus que les autres bénévoles, et souvent en lien avec l’âge, le nombre des responsabilités a diminué (18%), mais l’activité bénévole demeure. 60% souhaitent poursuivre, sans changement, 15% aimeraient toutefois accéder à des responsabilités plus importantes; ces bénévoles aimeraient un peu plus de convivialité entre les membres (17%), et surtout de la formation et des conseils en lien avec leur ambition de bien faire (28%).

 

Au rythme hebdomadaire intense, leurs motivations sont plus fortes et plus nombreuses : l’utilité sociale (82%), donner du sens à leur quotidien (47%) et défendre une cause (42%),  mais aussi acquérir et développer des compétences (47%) et exercer des responsabilités (36%). Plus que les autres, ils sont incités par la tradition familiale (17%) ou par une difficulté ou un problème local qui les a touchés (22%). La mobilisation en milieu scolaire a aussi joué un rôle parmi les plus jeunes (14%).

Dans une forte proportion (48%), ils sont plus souvent passés par le statut d’adhérent, directement ou au titre de leurs enfants. Proportionnellement plus nombreux (18%) que les autres bénévoles (11%), ils indiquent avoir donné un coup de main pour commencer, et « cela leur a plu ». Depuis leur engagement, le nombre de leurs missions s’est souvent multiplié (51% pour une moyenne de 34%), leurs responsabilités se sont également accrues pour 79% d’entre eux. ils sont 71% à indiquer que si c’était à refaire, ils feraient le même parcours;11% estiment qu’ils auraient pu être plus prudents…

 

Pour demain, ils sont très peu nombreux à souhaiter changer de mission (8%), assez peu nombreux à demander un peu moins de responsabilités (12%), mais deux groupes se distinguent, en lien avec l’âge des répondants : 27% souhaiteraient plus de responsabilités, et 20% aimeraient commencer à ralentir pour arrêter bientôt. leurs attentes sont bien plus fortes, au regard de la reconnaissance de leur action (38% vs 23%), de la prise en charge des frais occasionnés (20% vs 15%), du soutien de leur action par d’autres bénévoles ou des salariés (37% vs 24%), et des moyens financiers et matériels à aller chercher pour mener à bien leurs missions (46% vs 28%).

 

Au sein du groupe des bénévoles, la proportion de ceux qui appartiennent au bureau ou au conseil d’administration d’une association est déjà de plus de 40%, chez les moins de 35 ans, et augmente en corrélation avec l’âge, jusqu’à la proportion de 60%, parmi les bénévoles de plus de 65 ans