32% de l’ensemble des microentrepreneurs immatriculés il y a 3 ans sont toujours actifs.


"Près de la moitié des micro-entrepreneurs ayant démarré leur activité en 2018 sont encore actifs trois ans après", Insee Première N°1963, juillet 2023

Source : l’’échantillon global de l’enquête Sine compte 40 000 entreprises, 24 000 sont le fait de créations classiques et 16 000 de microentrepreneurs.

 

Définitions : un micro-entrepreneur bénéficie d’un régime (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions (plafonds de chiffre d’affaires et certaines activités exclues).
Un micro-entrepreneur est considéré comme ayant démarré une activité économique quand il déclare au moins un chiffre d’affaires non nul à l’Urssaf dans les 8 trimestres suivant son inscription. Il est considéré comme l’ayant cessée quand il ne déclare plus de chiffre d’affaires positif à l’Urssaf pendant huit trimestres consécutifs. 

Le terme « pérennité » est  exclusivement réservé aux micro-entrepreneurs ayant démarré leur activité. Le taux de pérennité à N ans est le rapport entre le nombre d’actifs N années après l’immatriculation et le nombre de micro-entrepreneurs ayant démarré leur activité.  

 

Noter que l’état des micro-entrepreneurs en fin 2018 a été révisé du fait des modifications dans ce régime et de difficultés administratives. Toutefois, la pérennité à 3 ans est comparable à celle de la génération 2014.

 

46% des microentrepreneurs actifs économiquement ont pérennisé leur activité 3 ans après leur création. Certaines activités sont plus favorables que d’autres, avant tout parce qu’elles ont été plus nombreuses à produire des recettes dés la 1ére année de création.

⇒ 46% des actifs à 3 ans ont pérennisé

♦ En 2018, 749 000 entreprises ont été créées en France dont 399 000 sous le régime du microentrepreneur (53% des créations) ; 69% ont déclaré au moins un chiffre d’affaires non nul au cours de leurs 8 premiers trimestres d’exercice et sont considérés comme actifs économiquement ; 32% sont encore actifs sous ce régime 3 ans après ou 46% (le taux de pérennité des actifs) des 69% ayant démarré sont pérennes (soit 32% de l’ensemble des immatriculations de microentreprise).

 

♦ Les plus faibles taux de pérennité : 47% des microentrepreneurs immatriculés appartiennent aux activités transport, services aux entreprises et commerce, mais ils connaissent les plus faibles taux de démarrage (entre 61% et 69, et seulement 49% pour le transport), les plus faibles taux d’activité à 3 ans (entre 12 et 28%), et les plus faibles taux de pérennité (24 à 42%), notamment quand leur activité est secondaire (21 à 35%). 

 

A l’opposé, les taux de pérennité les plus élevés :  5 groupes d’activité ont connu les taux les plus élevés de démarrage (entre 79 et 82% vs 69 en moyenne), des taux les plus élevés d’actifs à 3 ans (41 à 49% vs en moyenne 32) et les taux de pérennité les plus importants (52 à 60% vs 46 en moyenne) ; il s’agit des activités santé, industrie, services aux particuliers, construction et enseignement.

Noter que les taux de pérennité des actifs sont assez proches (49 et 41%), qu’ils soient microentrepreneurs à titre principal (72%) ou secondaire (exerçant une autre activité rémunérée, 44%).

⇒ Ce qui conduit à un taux de pérennité élevé : 

-Le fait d’exercer à titre principal et donc ne tirer des rémunérations que de cette seule source,

-La connaissance du secteur d’activité,

-L’aide au démarrage (la moitié dit en avoir bénéficié, notamment l’Accre ou l’Arce)

-L’âge du créateur :  22% des moins de 30 ans encore actifs en 2018 vs 42% pour les 50 ans et plus ; noter que 61% des moins de 30 ans démarrent leur activité vs 78% les 50 ans et plus.

-Le fait des femmes (notamment dans la santé) : 50 % sont pérennes à 3 ans vs 44% les hommes ; elles démarrent plus souvent leur activité (76%) que les hommes (66%). Leur part augmente passant de 37% au moment de l’immatriculation, à 45% fin 2021.

⇒ L’impact de la crise sanitaire

♦ Sur le chiffre d’affaires

2/3 des microentrepreneurs encore actifs fin 2021 ont déclaré que leur activité avait diminué ou s’était arrêtée complètement du fait de la crise sanitaire : 8% arrêtée, 29% diminué de plus de 50%, 28% diminué de moins de 50% et 35% inchangée ou en hausse.

La baisse a été forte pour le secteur des arts et spectacles (78%) vs 55% pour le secteur de l’informatique-communication.

 

Le chiffre d’affaires moyen a chuté de 1,7% au 1er trimestre 2020 et de 22,2% au 2éme trimestre ; mais il augmente au 1er trimestre 2021 de 17,8% et de 9,4% au 2éme trimestre.  

 

♦ Les difficultés le plus souvent éprouvées sont les difficultés financières (59% d’entre eux), le manque de débouchés ou de commandes (36%), l’approvisionnement pour ceux de la construction (40% vs 13 pour l’ensemble).

 

♦ Pourtant, fin 2021, la crise sanitaire ne semble pas avoir altéré leur satisfaction globale : 89% s’estiment satisfaits de leur création, une part qui est même un peu plus élevée que celle de la génération 2014 (86%). 

⇒ les aides

53% ont bénéficié d’au moins une des aides mises en place pendant la crise sanitaire. Les 2 dispositifs les plus demandés ont été le fonds de solidarité pour les indépendants (41%) et le report des échéances sociales (7%) ; les autres dispositifs d’aide concernent chacun moins de 5%.

Le secteur des activités financières, d’assurance et immobilières est celui où ils ont le plus souvent fait appel à des dispositifs de soutien (71%), alors que celui des services aux entreprises a fait le moins appel (43%).

87% des bénéficiaires de ces dispositifs jugent qu’ils les ont effectivement aidés à traverser la période de crise sanitaire, une part homogène selon les secteurs. 

 

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/7653790