Source : Écollab imposait aux aux plateformes de renseigner les informations relatives à l’activité des vendeurs-tiers hébergés, qu’ils soient résidents français ou réalisant des ventes en France. Les informations sont de deux natures : des variables identifiantes selon le statut du vendeur déterminé par la plateforme et des variables économiques (nombre de transactions effectuées, montant brut de ces opérations, montant imposable à la TVA) .
S’agissant des vendeurs « personnes physiques », la plateforme devait fiabiliser les éléments d’identification des utilisateurs dès lors que le montant total brut des transactions réalisées par ceux-ci sur une même plateforme est supérieur ou égal à 1 000€.
Dans la base des plateformes disponibles dans Écollab, les plateformes sont quasiment des « places de marchés » sur lesquelles un bien ou un service est proposé par un vendeur-tiers à un acheteur localisé en France.
3 limites : certaines plateformes ont pu ne pas répondre à leurs obligations déclaratives, les transactions payées hors de la plateforme ne sont pas comptabilisées, et l’identification des vendeurs n’est pas toujours possible ou exploitable.
Les données sont issues d’une obligation déclarative des opérateurs de plateforme en vigueur entre 2019 et 2022. Le dispositif Écollab a pris fin en 2022, car les pays de l’UE ont harmonisé la manière de collecter l’information sur les plateformes numériques en vue du nouveau dispositif, DPI DAC7 .
L’étude ne propose pas de définition des termes entreprise et entreprise individuelle.
81% du chiffre d’affaires des ventes sur les places de marché sont le fait d’entreprises mais 73% le fait de vendeurs particuliers.
En 2022, un milliard de transactions ont eu lieu sur les plateformes (place de marchés), pour une valeur totale de biens et services de 39Md€, ou 2,1% de la consommation finale des ménages (Insee), et environ 21% des 183 Md€ d’achats en lignes.
Ce montant est une estimation basse, car les données ne couvrent pas l’intégralité des plateformes, ni l’intégralité des transactions. Néanmoins, la plupart des plateformes majeures (telles que Airbnb, Booking, Uber, Deliveroo, Amazon, Cdiscount, Leboncoin, Vinted…) répondent à leur obligation déclarative.
Le recul de la consommation en 2020, au plus fort des mesures de restriction liées à la crise sanitaire, a été moins prononcé sur les plateformes (- 1,2%) que dans l’ensemble de l’économie (- 3,7%) ; le rebond de 2021 puis la croissance de 2022 sont 3 à 4 fois plus élevés sur les plateformes.
⇒ La répartition des ventes selon le type d’activité.
♦ La vente de biens (17,2Md€) est très majoritairement réalisée sur des plateformes de commerce non spécialisé, pour 14,3 Md€ (83%) ; on y trouve près de 470 000 vendeurs-tiers qui ont conclu environ 429 millions de transactions au cours de l’année 2022 pour un montant moyen de 33€.
Le domaine de l’habillement est également bien représenté avec 1,6Md€, en particulier dans la vente de vêtements. Le nombre de vendeurs y est très important (1,7 million) mais chaque vendeur réalise moins de transactions et pour un montant moyen plus faible (13€).
Les autres plateformes sont caractérisées par des montants moyens élevés : 283€ par transaction pour les plateformes de ventes d’appareils électroniques, 168€ par transaction pour l’ameublement et l’artisanat.
♦ La vente de services (20,7Md€) relève principalement du tourisme (logements, voyages) pour 65% des montants, et de la livraison (repas et autres) pour 24%. Le nombre de vendeurs dans le tourisme est élevé (722 000), avec la présence de nombreux particuliers qui ont la possibilité de louer tout ou partie de leurs biens immobiliers. Le montant moyen d’une transaction sur les plateformes de tourisme est de 322€. Par contraste, la livraison (de repas notamment) et les transports (essentiellement taxis et véhicules de tourisme avec chauffeur) sont caractérisés par de multiples transactions à des prix moyens bien moins élevés (16 et 22€).
Les prestataires se situent principalement dans des territoires qu’on peut qualifier de touristique, notamment proches des littoraux ou dans les massifs montagneux. Celles de services de transport ou de livraison (taxis et VTC, livraison de repas, principalement) se situent principalement dans les intercommunalités urbaines, et sont très présents en région parisienne.
⇒ Les modalités de vente.
♦ Les ventes sont concentrées sur un petit nombre de plateformes : les 5 plus grandes concentrent 69% et les 3 plus grandes 56% du chiffre d’affaires total.
95% des vendeurs tiers ne recourent qu’à un seule plateforme, les autres étant généralement de grands vendeurs, qui utilisent plusieurs plateformes relevant du même domaine. Environ 153 000 vendeurs-tiers (4,7% des vendeurs-tiers) pratiquent le multi-hébergement ; ces vendeurs réalisent des chiffres d’affaires nettement plus élevés.
♦ Les vendeurs-tiers du commerce sont majoritairement localisés hors France, dont 66% dans le commerce non spécialisé ; la Chine reste le principal partenaire commercial sur les plateformes avec environ 26% des ventes, et 77% des ventes réalisées par les vendeurs-tiers de biens localisés hors Union européenne. L’Allemagne est le second avec 10% des ventes pour 39% des ventes des vendeurs-tiers de biens localisés en UE.
Tandis que les prestataires de services sont pratiquement tous localisés en France avec 93% des montants, 96% des vendeurs et 99% des transactions.
Les ventes sont principalement réalisées par des entreprises (82%). Les domaines dans lesquels les entreprises ne constituent pas la très grande majorité des vendeurs-tiers sont ceux de l’habillement et du tourisme, les particuliers étant bien représentés dans la revente de vêtements de seconde main et la location de meublés.
Les entreprises individuelles, identifiées comme des « personnes physiques exerçant une activité économique » par les plateformes, ne représentent que 6% des vendeurs-tiers et 1,7% des ventes. Elles sont néanmoins bien représentées dans le domaine du transport avec 13% des vendeurs et 14% des ventes.
♦ Les particuliers recourent également aux plateformes pour vendre des biens (notamment des vêtements d’occasion), ou pour offrir des services de location (principalement de meublés). Ces vendeurs particuliers déclarent des revenus supérieurs à la moyenne de l’ensemble des foyers fiscaux. La moitié d’entre eux tirent plus de 1,7% de leur revenus grâce aux plateformes.
En croisant les données Écollab avec les déclarations d’impôt sur le revenu, il apparaît que les particuliers qui vendent sur les plateformes ont des revenus plus élevés que la moyenne de l’ensemble des foyers fiscaux, notamment dans le tourisme où la moitié perçoit 10% de leur revenu grâce aux plateformes et 15% pour le commerce non spécialisé.
Pour en savoir davantage : https://www.impots.gouv.fr/dgfip-analyses-pres-de-40-mdeu-de-ventes-sur-les-plateformes-en-2022-une-diversite-de-profils-de