Impacts positifs et négatifs des technologies numériques au travail.


"L’impact des outils numériques professionnels sur les salariés ", Opinion Way, Eleas, lu décembre 2018

Méthodologie : échantillon de 1010 salariés travaillant dans un bureau pour une entreprise privée ou publique, interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI  entre le 16 et le 23 octobre.

28% y sont des cadres, 32% des professions intermédiaires et 40% des employés et des ouvriers. 20% sont dans des TPE, 15% dans des PME, 25% dans des ETI et 40% dans des grandes entreprises. 80% sont dans les services. 20% ont moins de 30 ans, 29% de 30 à 39 ans, 27% de 40 à 49 ans, 24% 50 ans et plus. les 3/4 ont recours tous les jours à l’utilisation de l’ordinateur.

Par outils numériques professionnels, les auteurs du sondage entendent « technologies numériques à usage professionnel mises à votre disposition dans le cadre de votre travail : messagerie professionnelle, ordinateur fixe ou portable, smartphone ou tablette, Intranet, messagerie instantanée (chat d’entreprise), etc ».

 

75% utilisent ces outils en moyenne plus de 3 heures par jour (2016 : 67%); ceux qui y ont recours plus de 6 heures par jour (43%) sont  plus souvent des cadres (55%), des salariés de grandes entreprises (49%), moins des managers (38%) et de salariés de PME (32%). 32% des salariés interrogés utilisent l’ordinateur entre 3 et 6 heures.

 

⇒ Impacts positifs sur le travail

 

A la question  » vos outils numériques professionnels vous donnent-ils plus de flexibilité dans vos horaires de travail (télétravail, mobilité à l’intérieur de l’entreprise…) ? » 45% répondent oui et je l’apprécie, 14% oui et cela me dérange.

 

Ces outils ont un impact sur le contenu de leur travail : dans la réactivité dans l’échange d’information (oui 62%, cadres 69%, aucun 24), l’autonomie professionnelle (57%, aucun 32), l’organisation du travail de leur équipe (55%, aucun 30), la gestion des urgences (55%, aucun 28), la coopération entre collègues (49%, aucun 32), la rapidité dans la prise de décision (49%, aucun 35), la diversité des tâches (48%, aucun 34) et le rapport aux clients (47%, aucun 37).

 

⇒Impacts négatifs

 

Toutefois, 39% ont le sentiment de trop d’informations (ceux qui l’utilisent plus de 6 heures par jour 49%, les cadres 44%); 54% estiment avoir suffisamment d’informations et 4% pas assez.

70% estiment n’avoir pas assez de temps pour traiter toutes les informations reçues.

 

Ce flux génère pour  43% de la fatigue (54% pour les utilisateurs de plus de 6 heure /jour), pour 36% un sentiment de submersion (44% les 18-29 ans), pour 35% du stress (50% le secteur vente et 48% les 18-29 ans) , pour 32% une atteinte à leur concentration (44% les 18-29 ans et 41% ceux qui y ont recours plus de 6 heures par jour), pour 22% un sentiment de désorientation (33% les 18-29 ans et 29% les managers).

Ces outils numériques conduisent à travailler le soir, le week-end et pendant les vacances, voire à culpabiliser quand les « urgences » se posent en dehors du temps de travail et que le salarié n’y répond pas :

 

⇒ La façon de gérer le stress par les utilisateurs

 

45% font des pauses régulières toutes les 2 heures vers une autre activité récréative autre que le travail; il sont 54% à la faire pour ceux qui travaillent 3 à 6 heures par jour sur l’ordinateur et 54% au sein des grandes entreprises. D’ailleurs 68% peuvent faire une ou des pauses quand ils le souhaitent ou à l’occasion de pause obligatoire (18%); au total 86% font des pauses (92% le secteur public, 91% les professions intermédiaires, 90% les managers mais moins le secteur privé 83%, les PME avec 79% et les TPE avec 76%).

Pour 48% les temps de détente chiffrent moins de 10 minutes (60% dans les TPE et 57% pour ceux qui travaillent sur l’ordinateur au moins 6 heures/jour) et 35% de 10 à 20 minutes. 52% font entre 1 et 2 pauses et 24% autant que nécessaire (notamment ceux qui travaillent le soir et le week-end 29%).

 

Les autres limitent l’accès aux outils numériques

* soit en réservant un créneau horaire dédié exclusivement à la gestion de ces informations (27%), notamment ceux en TPE (42%) et ceux qui travaillent le soir ou le week-end.

* soit en éteignant ponctuellement certains outils (chat interne, boîte e-mail, téléphone …), avec 24%.

* soit pour 21% en s’imposant des durées précises de consultation de ces outils (managers 30%).

 

⇒ Ce que les entreprises ont mis en place

 

– 41% ne proposent aucune action

– 23% la création d’une charte de bonne pratique des mails et 10% l’organisation de la gestion des mails durant les absences de salariés; noter que 51% des salariés déclarent que personne ne traite leurs mails quand ils sont en congés; 32% ont laissé cette gestion à un membre de leur équipe; 13% les traitent eux-mêmes depuis leurs congés.

– Des règles ont été mises en place : 16% autour de la déconnexion, 13% l’obligation de faire des pauses, 8% l’obligation de laisser son ordinateur portable au bureau.

– 11% proposent l’exemplarité managériale en matière de gestion de l’information et de déconnexion; 10% ont organisé une formation à la gestion du temps de travail.