L’ESS, quelles faiblesses, quelles forces?


"Perspectives de l'ESS 2017", document de synthèse, Chambre Française de l'ESS/Eurogroup consulting, janvier 2017

L’ESS représente 10% du PIB français, et est présente dans tous les secteurs économiques d’activités. Sur les 21 ensembles économiques, 12 ont pu être sollicités dans cette enquête : l’action sociale et médico-sociale, la santé et protection sociale, la lutte contre l’exclusion, l’aide, les soins et services à domicile, l’insertion par l’activité économique, l’agriculture, l’industrie, la banque de détail, l’assurance, les transports, le tourisme (vacances et loisirs)  et la communication. N’ont pu être auditionnés le bâtiment, le commerce, la culture, l’éducation populaire, l’énergie, l’enseignement et la formation professionnelle, l’hébergement, la petite enfance et les sports. Ils seront intégrés dans la 2ème édition prévue en 2018.

Les décideurs et représentants des fédérations nationales ont été interrogés sur leur vision de l’ESS au sein de leur secteur d’activitél’ambition a été de trouver les facteurs communs du développement, ainsi que des freins entravant la progression de l’ESS.   

 

L’ESS a encore un potentiel de progression sur les secteurs de l’action sociale et de la santé, qui poursuivent leur développement malgré des vents contraires (concurrence accrue, sur des activités de plus en plus sensibles aux prix) , ceux de la banque et de l’assurance, des secteurs très mûrs, traversés par une montée du réglementaire aux impacts importants, et ceux où elle est peu présente (transports, communication); mais son développement pourrait être entravé par son modèle économique, pas toujours en phase avec les logiques concurrentielles.  

 

Les secteurs jugés très porteurs pour l’ESS sont l’insertion par l »économique, la communication et l’agriculture; aide, soins et services à domicile, action sociale et médico-sociale, santé, vacances&loisirs sont jugés porteurs mais s’inscrivent dans un contexte défavorable à l’ESS. Industrie, transports, assurance offrent un potentiel de développement plus faible dans un contexte favorable, alors que la banque s’inscrit dans un développement fort limité. Le rapport détaille secteur par secteur les enjeux et la pertinence d’une action ESS.  

 

L’ESS dispose de points d’appui tels sont positionnement structurant autour des territoires (100% favorable à cet item dont jugé important pour 58%), la capacité d’innovation sociale et sociétale (83% dont 50), l’image et les valeurs qui lui sont propres (75% dont 42), le type de gouvernance (67% dont 17), le savoir-faire de leurs personnels (59% dont 17), la gestion des risques (42% dont 17; l’ESS est statutairement tournée vers le long terme ), le mode de fonctionnement envers les clients et sociétaires (50% dont 8).  

 

Les points défavorables sont la montée de la consommation individualisée, l’exigence de prix bas et la baisse des ressources publiques; la mise en commun de moyens, leviers majeurs d’efficacité, ne sont pas facilités en statut ESS; de plus, son mode d’action et ses impacts deviennent des freins dans un univers à la recherche de labellisation.

 

Les principaux freins sont la capacité à se financer (67% dont 25 important), l’évolution des politiques publiques (50% dont 25), le niveau de profitabilité (42%),   Une question clef posée : L’ESS est-elle capable de transformer et monétiser ces spécificités en avantages concurrentiels et en valeur ?  

 

Les répondants ont pris conscience de la montée du marché (sensibilité aux prix) et en mesurent les dangers y compris dans des secteurs où l’ESS est historiquement en quasi-monopole (aide à domicile, action sociale, insertion, etc.); L’ESS s’est focalisée sur l’innovation sociale, sans la valoriser et donc sans la financer systématiquement, et est restée plutôt en retrait sur l’innovation technique; de plus, l’ESS n’est pas au cœur du développement du collaboratif, alors que la mise en relation horizontale est dans son ADN.   Le consensus est assez limité sur les actions à entreprendre; toutefois 4 actions prioritaires semblent émerger: l’influence auprès des Pouvoirs Publics (50%), le rapprochement avec d’autres acteurs (50%), le développement du marketing (50%) et les développement des compétences professionnelles (33%).   Le rapport propose ensuite une monographie par secteur.