Quel partenariat entre les structures d’appui à la création d’entreprises dans l’ESS et dans la création classique ?


"quelles coopérations entre dispositifs classiques et ESS ", Avise, Sciences Po, juin 2018

Méthodologie :  entretiens semi-directifs réalisés avec des acteurs en lien avec l’accompagnement à l’émergence et à la création d’entreprises :

*Une première série d’entretiens avec des acteurs nationaux a permis d’affiner la problématique d’étude, d’analyser des premiers dispositifs d’accompagnement et d’identifier trois territoires d’études choisis pour les articulations intéressantes qui y ont été développées (L’ex-région Franche-Comté, la Métropole de Lyon et les quartiers politiques de la ville de la Seine-Saint-Denis)

*Une deuxième série d’entretiens réalisés dans chacun de ces territoires afin de recueillir les points de vue et les expériences des acteurs locaux en lien avec l’accompagnement à la création et à l’émergence d’entreprises de l’économie « classique » et de l’ESS. 

Etude conduite entre octobre 2017 et juin 2018

 

Je reprends les termes de la conclusion de l’étude :

 

« Les structures de l’ESS se transforment et de nouvelles organisations apparaissent. De même les besoins auxquels l’ESS a vocation à répondre se diversifient….Les arguments en faveur du rapprochement entre les structures d’accompagnement d’entreprises de l’ESS et « classiques » sont divers.

De fait la collaboration permet une meilleure interconnaissance et une meilleure lisibilité des acteurs des deux écosystèmes, ouvrant la voie à des collaborations plus efficaces et une complémentarité de l’offre pour les porteurs de projet.

De plus, en coopérant, les structures sont en mesure de mettre en commun des compétences et des expertises, que ce soit sur les méthodes d’accompagnement ou encore sur les modèles économiques et les sources de financement.

Enfin, développer les coopérations localement peut permettre d’assurer la couverture de l’intégralité du territoire et de la chaîne de l’accompagnement. 

 

Ensuite, différents degrés dans les collaborations ont pu être observés.

*En premier lieu, il peut s’agir d’interconnaissance, favorisée par la présence d’espaces de rencontre entre les structures, par exemple à travers des conférences ou bien la mutualisation d’espaces de travail.

*Il peut également s’agir de modes de collaborations plus poussées, par exemple lorsque les acteurs de l’accompagnement coopèrent autour d’un projet de territoire commun.

*Enfin, les leviers de réussite de la collaboration entre acteurs de l’accompagnement à la création d’entreprises « classiques » et de l’ESS ont été soulignés. Tout d’abord, le rôle des collectivités territoriales est apparu comme central, pouvant jouer simultanément un rôle de financeur et de catalyseur des coopérations.

*Ensuite, les spécificités territoriales peuvent influer sur les leviers de la coopération : ainsi dans un territoire rural, la coopération peut répondre à un besoin de couvrir au mieux l’intégralité du territoire, dans le cas d’une métropole regroupant un très grand nombre d’acteurs, elle doit permettre la lisibilité de l’écosystème sur le territoire.

*Pour finir, la sensibilisation aux spécificités de l’accompagnement à la création de structures de l’ESS apparaît essentielle pour que l’intégralité des acteurs de l’accompagnement soient en mesure d’accueillir, d’orienter et d’accompagner les entreprises de l’ESS et celles ayant une forte utilité sociale.

 

Poussées par le mouvement de décloisonnement entre économie « classique » et ESS, les coopérations entre écosystèmes d’accompagnement à la création d’entreprises « classiques » et de l’ESS se multiplient. Elles doivent être poursuivies et renforcées pour renforcer encore davantage l’impact de ces divers dispositifs, notamment sur le dynamisme économique du territoire et la création d’emploi.«