Soutenir les 1 800 tiers lieux.


"FAIRE ENSEMBLE POUR MIEUX VIVRE ENSEMBLE : rapport 2018", CGET, lu octobre 2018"

1 800 tiers lieux de coworking ou tiers lieux ont été recensé.

On les appelle «coworking» « Fablab », « atelier partagé », « Living Lab », « garage solidaire », « social place », « makerspace », ou encore « friche culturelle » : ils visent la création, la formation, l’apprentissage et valorisent le partage, la solidarité, « le faire ».

 

⇒ Ces tiers lieux se distinguent désormais par trois éléments conjugués :

-Leur dimension intrinsèquement collaborative, voire communautaire.

-La primauté qu’ils accordent au « faire ».

-Leur haut degré de mixité.

En ce sens, les tiers lieux peuvent se définir comme des espaces physiques et numériques du faire ensemble.

 

⇒ « Faire ensemble » synthétise trois transformations à l’œuvre :

• La révolution du travail qu’illustrent l’essor du statut indépendant, du télétravail qui concernerait plus d’un salarié sur cinq ou encore les innombrables démarches d’innovation ouverte qu’elle soit économique ou sociale; les tiers lieux sont des terreaux de l’innovation socioprofessionnelle.

L’émergence de la « société apprenante », terrains privilégiés de l’apprentissage tout au long de la vie parce que les techniques évoluent, les savoirs développés se transmettent et l’intérêt général est porteur de sens.

La transition écologique : le faire ensemble invite au partage, au prêt, au réemploi des biens, à la dé-mobilité, à la frugalité énergétique.

L’enjeu écologique constitue pour bon nombre d’animateurs de tiers lieux une valeur cardinale qui engage leurs manières d’agir au quotidien. Ces espaces sont souvent créés ou animés par des personnes engagées dans la vie locale qui recréent des emplois, réhabilitent des bâtiments, utilisent des machines désuètes, animent un lieu de présence sociale et solidaire, recréer de l’activité économique : font « société ». 

En bref, cette « culture du faire » se révèle être la meilleure option pour évoluer dans une société en mouvement perpétuel. Ces tiers lieux peuvent donc être des catalyseurs d’activités à l’échelle des territoires, leviers de cohésion sociale, de partage et de réseau qui pourraient se faire moteurs à la fois de la formation professionnelle et de la transformation numérique.

 

⇒ Trois défis sont à relever pour faire des tiers lieux des catalyseurs locaux qui  sont parfois précaires., il est de la responsabilité des pouvoirs Publics de les comprendre, de les accompagner, de les aider à se développer.

 

Le premier défi est celui de l’acculturation.
Il y a nécessité de repenser en profondeur l’action publique à leur endroit, alors qu’elle est traditionnellement fondée sur une approche organique et structurante (investissements, immobilisations, contrôles); « Il faut en effet faire confiance aux acteurs en place, poursuivre l’expérimentation, renouveler et multiplier les partenariats publics-privés, rechercher l’horizontalité, agir et laisser agir en subsidiarité. Quitte à « rater mieux » quelquefois pour reprendre le bon »

La fausse bonne idée serait donc d’aborder ce sujet par son versant immobilier. 

Réussie, la présence de pouvoirs publics nationaux et/ou locaux peut amener à vivre ces lieux comme autant d’opportunités de redéploiement de services publics : missions locales, Pôle Emploi, crèches, bibliothèques municipales, foyers ruraux, annexes d’institutions, MSAP. ,

 

Le second défi est celui de l’accompagnement. Les tiers lieux peinent souvent à trouver leur modèle économique et à atteindre une taille critique pour pouvoir impacter le territoire. Ils rencontrent également des enjeux de professionnalisation. Ces fragilités justifient une action publique adaptée : privilégier l’existant, soutenir son développement, aider les tiers lieux à tirer un revenu de leurs activités propres (faire du tiers lieu un espace de formation et d’apprentissage, d’activités résidentielles temporaires, ou encore encourageant les entreprises locales à y déléguer une partie de leurs effectifs). 

Un autre pan de cet accompagnement repose sur la mise en évidence d’importantes disparités géographiques. La répartition des tiers lieux demeure en France très inégale, et l’isolement fréquent. 

 

♦ Le dernier défi  est celui de la protection des tiers lieux et de celles et ceux qui les font vivre. Deux initiatives peuvent être engagées afin d’y parvenir. La première est le soutien à la constitution d’un Mouvement National des Tiers Lieux. Le second est celui de la reconnaissance du rôle d’animateur ou de facilitateur de tiers lieux.

 

« Par une véritable politique publique des tiers lieux, il est possible d’explorer les modalités de cette nouvelle manière d’être au monde et de faire pousser les fers de lance de la « Startup Nation » dans les territoires. »

Le rapport propose 28 recommandations.