« Synthèse » de la Note mensuelle d’analyses de mai 2016

Le texte développé des analyses figure dans la note mensuelle d’analyses; ce mois-ci,  7 axes d’analyse sont privilégiés

 

                                               Créations et reprises

 

L’évolution des créations d’entreprise sur un an

Insee, analyse André Letowski, et Insee Informations rapides N° 126, mai

 

Si nous comparons les 12 derniers mois (mai 2015 à avril 2016), aux 12 mois précédents, l’évolution est très favorable aux créations non autoentrepreneurs (+14,4%) et tout autant défavorable aux autoentrepreneurs (-16,6%), ce qui conduit à une légère baisse pour l’ensemble des créations (-0,9%). La tendance à la baisse des autoentrepreneurs, et à la hausse pour les créations classiques se poursuit donc.

Deux activités ont connu une forte évolution en créations « classiques », le commerce avec +28% et les activités immobilières avec +27% et une nette baisse du nombre d’autoentrepreneurs, quoique ces activités soient peu tournées vers ce type de régime. Les autres activités s’inscrivent dans la tendance générale.

Noter que les activités avec investissement ou main d’œuvre ont des taux faibles d’autoentrepreneur (entre 13 et 36%), ce qui est cohérent puisque le régime de l’auto-entrepreneuriat ne permet pas d’intégrer ces dépenses; elles connaissent aussi les plus fortes baisses dans ce régime.

 

 

Seulement 30% des autoentrepreneurs toujours actifs 3 ans après leur création

« Auto-entrepreneurs immatriculés en 2010 : trois ans après, 30% sont encore actifs », Insee première N° 1595, mai

 

Selon l’enquête Sine 2010-2013, 38% des autoentrepreneurs de cette génération n’ont jamais été actifs, car ils n’ont pas déclaré de chiffre d’affaires dans les deux années suivant leur immatriculation, délai légal au-delà duquel leur radiation a été prononcée; 48% des « actifs » (ayant réalisé des recettes), sont encore en activité 3 ans après leur immatriculation, (soit 30% de l’ensemble de ceux qui se sont immatriculés),  contre 62% pour les entrepreneurs en nom individuel non autoentrepreneur.

Noter encore que seulement 2% des autoentrepreneurs ont quitté ce régime au profit du régime général.

Noter aussi que les autoentrepreneurs actifs ont dégagé un chiffre d’affaires beaucoup plus faible que celui des créateurs individuels classiques (en moyenne 10 000€ en 2012).

 

                                       La sensibilisation à l’entrepreneuriat

 

Le statut d’étudiant-entrepreneur est jugé très favorablement

« Regards croisés sur le statut d’étudiant-entrepreneur », Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et CSA, mai

Le regard des étudiants-entrepreneurs sur l’avenir est plus combatif, déterminé, tourné vers le progrès, optimiste et aventurier et moins inquiet que l’ensemble des étudiants.; ceci étant, l’ensemble des étudiants se montrent largement positifs et confiants dans l’avenir. Les étudiants-entrepreneurs sont résolument optimistes en ce qui concerne leur avenir; C’est qu’ils accordent beaucoup d’importance à leur projet entrepreneurial.

Pour les 3/4 des étudiants interrogés, ce statut offre bien plus d’avantages que d’inconvénients, parce que c’est un plus dans le CV, une acquisition de compétences complémentaires pendant les études, la possibilité de monter le projet pendant les études, une bonne préparation à la vie active, même si c’est aussi une charge de travail supplémentaire qui peut mettre en péril les études. 39% auraient envie de bénéficier de ce statut. Parmi les étudiants entrepreneurs, 48% envisagent de créer ou rependre un jour  une entreprise ((dont 14% très certainement); pour ces intentionnistes, 19% le feraient à la sortie de leurs études, 40% 3 à 6 ans après.

 

 

L’éducation à l’entrepreneuriat en Europe « 

« L’éducation à l’entrepreneuriat à l’école en Europe », UE, Eurydice, non daté

 

Parmi les 38 systèmes éducatifs étudiés, en 2014/2015, 11 disposaient d’une stratégie spécifique pour l’éducation à l’entrepreneuriat.

Les pays ou régions recommandent rarement à leurs enseignants une méthode particulière d’enseignement ou d’apprentissage, leur laissent une grande autonomie dans ce domaine. Seuls quelques pays font des expériences entrepreneuriales pratiques, comme la création de mini-entreprises ou d’entreprises junior.

Les résultats de la recherche montrent qu’avoir une stratégie spécifique peut être la voie la plus efficace pour les pays qui souhaitent intégrer pleinement l’éducation à l’entrepreneuriat.

 

                                                        Défaillances

 

Les défaillances d’entreprise sont en forte baisse

« 1er trimestre 2016 défaillances et sauvegardes d’entreprises en France », Altares, avril

 

Les défaillances ont chuté de 10% entre le 1er trimestre 2016 et le 1er trimestre 2015; cette baisse est importante en ce qui concerne les emplois menacés (-14,2%), dans les sauvegardes (-21,3%), par ailleurs très peu nombreuses (350 en 2016), mais proche pour les règlements judiciaires (-9,2%) et les liquidations directes (-10,1%).

Les baisses se situent dans toutes les tranches de taille d’entreprises, à l’exception des 1 et 2 salariés (+3,3%), Les baisses se situent aussi en proximité  quelque soit l’ancienneté de l’entreprise; rappelons que les 3/4 des défaillances sont le fait d’entreprises d’au plus 10 ans d’ancienneté.

Les activités de la restauration, du commerce de détail et du bâtiment concentrant  la moitié des défaillances, sont bien orientées ce premier trimestre (-11% après les hausses de 9% en 2015 T1 et de 2% en 2014 T1), avec -16% pour le bâtiment, -8% pour le commerce (notamment de gros et courtage -20,7%), et -8,2% pour les HCR; les baisses sont aussi importantes dans les services scientifiques et techniques aux entreprises (-16,9%), l’industrie hors agro-alimentaire (-13,4%), les services aux particuliers (-13,8%). et l’immobilier (-8%). Les défaillances sont par contre en hausse dans les activités informatiques (+11,5%).

 

                  Conditions de vie du chef d’entreprise

 

Le travail, c’est la santé pour 83% des dirigeants de TPE

« La santé du dirigeant d’entreprise, vague 2 », MMA, Opinion Way, non daté

 

40% travaillent au moins 50 heures par semaine (dont 21% plus de 60 heures) et 31% au plus 40 heures. Les temps moyens de sommeil sont de 6h48. La moitié ont des difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

Mais ce qu’ils vivent comme dirigeants contribue grandement à leur épanouissement.

Toutefois, les troubles de santé du coté « moral ou psychologique » s’accroissent (troubles du sommeil, anxiété et sentiment d’isolement) du fait de l’incertitude conjoncturelle, d’une trésorerie menacée et d’une surcharge de travail. Pour 27%, leur santé s’est davantage détériorée en 2016.

Face à ces différents troubles, 42% n’ont pas consulté de médecin. 11% ont été arrêtés par un acte médical; pour ces derniers, 37% estiment que cet arrêt a eu un impact notable sur l’activité de l’entreprise;  33% n’ont pas souhaité se faire arrêter pour éviter l’impact sur l’activité.

                                                 TPE, PME

 

En Ile-de-France, 59 600 non-salariés travaillent dans le numérique

« Économie numérique en Ile-de-France : une dynamique d’emploi portée par les non-salariés », Insee Analyses Ile-de-France, N°31, mars

 

39 600 y travaillent seul et 20 300 comme employeurs: ils se répartissent en 22 700 dans les TIC (38%), 18 600 dans la publicité communication  (31%) et 18 300 dans les contenus (31%). Les non-salariés sont ainsi 25% des actifs de la communication-publicité, 19% dans le domaine contenus et supports et 7,4% dans les TIC.

Les emplois dans le numérique sont augmenté de 6 800 emplois entre 2007 et 2012, du fait d’une nette progression dans les activités de programmation et de conseil informatique (22 000 emplois dont 4 300 non salariés), dans les contenus et activités de publicité-communication (gain de 11 500 emplois, dont la moitié sont des indépendants) et la production cinématographique et télévisuelle (5200 emplois), face à un perte de 31 500 emplois; dans les activités en mode projet (59% des salariés sont en CDI ou autoentrepreneur, notamment dans la publicité communication).

Sur la période 2007-2012, le non-salariat a gagné 12 100 emplois (dont +56% dans la publicité-communication, +41% dans le traitement des données, +35% dans le conseil programmation),  ce qui a permis de compenser largement la perte d’emplois salariés, en particulier dans les TIC.

 

 

Les « non-salariés » : en 2012, 23% des emplois créatifs d’île-de-France

« 25 000 emplois créatifs créés en cinq ans dans la métropole parisienne », Insee Analyses Île de France, Apur N°33, avril

 

Le statut de non-salarié y concerne un emploi sur quatre contre moins d’un sur dix dans les autres secteurs, notamment dans les métiers des arts visuels (artistes plasticiens, concepteurs des arts graphiques, de la mode, 47,7% des emplois), dans les activités d’arcitecture (40,8%), de publicité et de communication (40,9%).

Entre 2007 et 2012, l’emploi non-salarié progresse deux fois plus vite que l’emploi salarié parmi les professions créatives (+ 11% contre + 6%). La hausse atteint même 26% pour les professions de l’audiovisuel et du spectacle vivant.

 

                                      Innovation, R&D, numérique

 

La transition numérique, plus essentielle aux salariés qu’aux chefs d’entreprise.

« La transition numérique : regards croisés entre chefs d’entreprise et salariés, vague 10 », CESI, le Figaro, Ipsos, mai

 

Pour 52% des salariés la transition numérique est stratégique (21%) ou essentielle (31%), contre 30% pour les chefs d’entreprise (respectivement 13 et 17%); ces derniers sont 38% à la juger secondaire (21% pour les salariés). Ceci étant elle est jugée bien plus stratégique ou essentielle par les cadres (71% contre 42% pour les ouvriers) et par les dirigeants d’entreprise de 250 salariés et plus (69% contre 29 pour les moins de 10 salariés).

Selon les salariés, l’impact concernera la manière de travailler (59%), leur niveau d’efficacité (59%), le secteur d’activité de l’entreprise (58%), l’activité commerciale de l’entreprise (57%), moins leur bien être au travail (50%); l’impact devrait aussi concerner les  relations et avec le supérieur hiérarchique (42%) et avec les personnes encadrées (40%); il concernera encore la charge de travail (38%), la capacité à se déconnecter le soir et en week end, le niveau de stress , mais aussi l’attachement à l’entreprise (37%).

 

                                   L’emploi, le marché du travail

 

Le taux de syndicalisation : 9% dans le secteur privé, 20% dans le public

« La syndicalisation en France : des salariés deux fois plus syndiqués dans la fonction publique », Dares analyses N°025, mai

 

Toutefois le taux de participation aux élections professionnelles  a été de 43% en 2012 dans le secteur marchand et associatif et de 53%, fin 2014, dans les trois fonctions publiques.

Le taux de syndicalisation est plus faible dans les entreprises de petite taille dans le secteur marchand et associatif : 5% dans les entreprises de moins de 50 salariés, 11,5% dans les 50-99 salariés et 14,4% dans les 20 salariés et plus; il est par contre proche dans la fonction publique (entre 18,5% pour les plus petites tailles et 22,8% au-delà).

Les jeunes sont moins syndiqués que leurs aînés (moins de 30 ans, 3%, de 30 à 39 ans, 6,8%, de 40 à 59 ans, entre 11,3 et 13,6%); les CDI sont aussi plus souvent syndiqués (9,9% contre 2,1% pour les CDD et 1,2% pour l’intérim). Même chose pour le plein temps (9,3%) contre 6,7% pour les temps partiels.

Les salariés syndiqués sont plus nombreux que les non syndiqués à exprimer un avis négatif sur les relations entretenues avec leur supérieur ou leurs collègues

 

 

En Ile-de-France, la croissance de l’emploi a été portée par les services aux entreprises

« Fin 2015, l’Ile-de-France retrouve son niveau d’emploi d’avant-crise », Insee conjoncture Ile de France N° 9, avril

 

le secteur tertiaire marchand hors intérim (80% de l’emploi salarié marchand total de la région) a créé environ   6 000 postes supplémentaires au 4éme trimestre 2015 (+ 0,2%)  et environ 27 300 en un an (+ 1,1%), principalement dans les services aux entreprises (+ 1,7%, avec 15 500 emplois supplémentaires en un an),  dans les HCR (4 100 emplois en plus,  + 1,4% en un an), les transports (+ 1,3%, en hausse de 4 600 emplois en un an).et le commerce avec 2 500 emplois ce 4éme trimestre (+ 0,4%), ce qui porte les créations annuelles dans ce secteur aux alentours de 7 000 (+ 1%).

En revanche, l’emploi francilien recule légèrement dans la construction au 4éme trimestre 2015 (- 0,1%) et -1,1% en un an, (2 800 emplois perdus), tout comme dans l’industrie avec 6 800 emplois supprimés en un an (- 1,5%), dont 2 000 au 4éme trimestre 2015 (- 0,5% par rapport au 3éme trimestre).