Les indépendants dans 6 groupes d’activités : nombre et revenu


"Emploi et revenus des indépendants, édition 2020", Insee Références, septembre 2020

Une description des 6 principaux groupes d’activité regroupant 84% des non-salariés.

La construction

Fin 2017, 364 000 personnes y exercent une activité non salariée. Ils représentent 20% des personnes en emploi dans la construction, contre 9% dans l’ensemble des secteurs non agricoles.

 

33% des non‑salariés ont un statut de micro‑entrepreneur et sont surreprésentés dans les travaux de peinture et de revêtements (46%) et sous‑représentés dans le génie civil (17%).

 

La pluriactivité est peu répandue (4% des non‑salariés classiques, vs contre 9% tous secteurs confondus).

Seuls 3,5% des non‑salariés de la construction sont des femmes, contre 37% tous secteurs confondus ; cette sous‑représentation est moins marquée pour les salariés du privé de ce secteur (12%), dont une partie assure des tâches administratives.

 

La part des non‑salariés de moins de 30 ans diminue depuis 2014, alors qu’elle progresse légèrement pour les 60 ans ou plus.

 

Le revenu d’activité moyen des non‑salariés classiques est de 2 590€ par mois (28% de moins que dans l’ensemble des secteurs), et le revenu médian de 2 180€. L’échelle des revenus est nettement plus resserrée dans la construction que dans les autres secteurs.

Les femmes gagnent en moyenne 1 970€ contre 2 610€ pour les hommes.

 

Le revenu moyen a diminué de 6,8% entre 2008 et 2013.

⇒ Le commerce

Fin 2017, 504 000 personnes exercent une activité non salariée dans le commerce et l’artisanat ; les non‑salariés représentent 12% des personnes en emploi dans le commerce, contre 9% dans l’ensemble des secteurs non agricoles. Les micro‑entrepreneurs représentent 30% des non‑salariés du commerce et sont particulièrement nombreux dans le commerce de détail hors magasin (sept non‑salariés sur dix).

19% des micro‑entrepreneurs et 6% des non‑salariés classiques sont pluriactifs.

 

Un tiers des non‑salariés du commerce sont des femmes, mais 44% dans les magasins de détail et 55% dans les pharmacies.

La part des non‑salariés de 60 ans ou plus dans le commerce est de 15%, variant de 8% dans les métiers de bouche à 21% dans les officines.

 

Les non‑salariés classiques gagnent 2 630€ (1 920€ en revenu médian), mais 10% ne dégagent aucun revenu de son activité, 10% perçoivent moins de 330€ nets par mois et 10% plus de 6 320€.
Les femmes perçoivent 18% de moins que les hommes, avec des écarts plus importants dans le commerce de gros (– 34%) et les métiers de bouche (– 33%).

 

En euros constants, le revenu d’activité moyen a reculé de 4,2% entre 2012 et 2013 et a augmenté entre 2013 et 2017 de 7% (10,1% dans l’ensemble des secteurs). Noter que le revenu des pharmaciens a baissé de 11,8%, mais ces derniers choisissent plus souvent le régime de l’impôt sur les sociétés, une partie du bénéfice de l’officine pouvant alors être dissociée de la rémunération et réinvestie.

Noter par contre la faible rémunération du commerce sur les marchés (640€ en médian), modalité à approfondir compte-tenu de versements majoritaires en “liquide”.

Les services aux entreprises, les activités financières et immobilières

Fin 2017, 635 000 personnes y exercent une activité non salariée ; les non‑salariés représentent 9% des personnes en emploi.

23% des non‑salariés travaillent dans les services aux entreprises et les services mixtes, dont plus de la moitié (369 000) dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques. Les micro‑entrepreneurs représentent 41% des non‑salariés du secteur, contre 33% tous secteurs confondus ; ils sont quasiment absents des activités juridiques et comptables, composées essentiellement de professions libérales réglementées.

 

33% des micro‑entrepreneurs et 10% des non‑salariés classiques sont pluriactifs, contre 29% et 9% tous secteurs confondus.

 

Les femmes représentent 35% des non‑salariés du secteur (37% tous secteurs). Elles sont peu présentes dans l’informatique‑communication (17%), ainsi que dans les activités financières et d’assurance (22%), secteur pourtant majoritairement féminin parmi les salariés. La part des femmes est la plus élevée dans les activités juridiques et comptables (49%).

 

En 2017, le revenu d’activité moyen est de 4 700€ par mois pour les non‑ salariés classiques ; les activités les plus rémunératrices sont les activités juridiques et comptables (8 340€ par mois) et les activités financières et d’assurance (5 940€). À l’opposé, les moins rémunératrices sont notamment les activités immobilières (2 760€) et les services administratifs et de soutien (2920€), qui regroupent entre autres le nettoyage, la sécurité ou la location sans opérateur.

 

Ces revenus moyens masquent d’autres disparités ; ainsi, 12% des non‑salariés classiques ne dégagent aucun revenu de leur activité non salariée (variant de 3% dans les activités juridiques et comptables à 23% dans l’immobilier). La moitié gagne moins de 3 210€ et 10% moins de 570€, alors que les 10% les mieux rémunérés perçoivent plus de 11 210€.

Sur l’ensemble du secteur, les femmes gagnent en moyenne 26% de moins que les hommes (46% dans les activités juridiques et comptables et 35% dans les activités financières et d’assurance, secteurs aux revenus les plus élevés).

 

Entre 2012 et 2017, le revenu moyen des non‑salariés classiques exerçant augmente de 3,6% en euros constants.

⇒ Services aux particuliers hors santé

Fin 2017, 583 000 personnes exercent une activité non salariée dans le secteur des services aux particuliers hors santé ; ce sont 7% des personnes en emploi dans ce secteur, mais 21% parmi les non-salariés. 
Un tiers d’entre eux exerce dans les services personnels (notamment dans la coiffure), et un autre tiers dans l’hébergement et la restauration (83% dans la restauration).

 

Les micro‑entrepreneurs représentent 45% des non‑salariés des services aux particuliers (vs 33 % tous secteurs confondus). Ils sont nombreux dans certaines activités comme l’entretien corporel (77%), les arts, spectacles et activités récréatives (65%) et dans l’enseignement de type soutien scolaire, formation professionnelle et enseignement culturel. (64%). Ils sont peu présents dans l’hébergement et la restauration (16%), sauf parmi les traiteurs (58%).

 

35% des micro‑entrepreneurs sont pluriactifs (29% dans l’ensemble des secteurs) ; le cumul d’activités salariée et non salariée est fréquent dans l’enseignement et dans les arts, spectacles et activités récréatives.

 

La moitié des non‑salariés des services aux particuliers sont des femmes (vs 37% tous secteurs confondus) ; elles sont très présentes dans la coiffure et les soins de beauté (88%), un peu moins dans l’enseignement (47%) et la restauration (36%).

 

Le revenu d’activité moyen des non‑salariés classiques est de 1 650€ par mois, soit moins de la moitié de celui de l’ensemble des secteurs (3 580€) : Il s’échelonne de 1 440€ dans la coiffure et les soins de beauté à 1 810€ dans l’hébergement et la restauration.

11% ne dégagent aucun revenu de leur activité non salariée en 2017 (entre 5% dans la coiffure et les soins de beauté à 19% dans les arts, spectacles et activités récréatives).

La moitié de ceux qui dégagent un revenu gagne moins de 1 310€ par mois, mais un sur dix perçoit plus de 3 680€.

 

Les femmes gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes (contre 22% pour l’ensemble des non‑salariés). Cet écart est plus fort dans les services personnels (37%, hors coiffure et soins de beauté), plus faible dans l’enseignement (14%).

 

Entre 2012 et 2017, le revenu moyen a augmenté de 3% en euros constants. 

⇒ La santé

Fin 2017, 499 000 personnes exercent une activité non salariée dans ce secteur ; les non‑salariés représentent 11% des personnes en emploi.
Depuis 2008, les effectifs ont augmenté de 3,9% par an, davantage que l’ensemble des non‑salariés (+ 3,2%), notamment dans les professions paramédicales (infirmiers, kinésithérapeutes, etc.) alors qu’en médecine ou en chirurgie‑dentaire les effectifs sont quasiment stables.

 

La quasi‑totalité exerce une profession de santé en libéral, 1,4% l’exerçant dans le domaine de l’action sociale.

 

Les micro‑entrepreneurs représentent 12% des non‑salariés du secteur ; ils sont quasiment absents des activités réglementées. Ils sont par contre les 2/3 des non‑salariés dans les autres activités de santé (psychologues, diététiciens, etc.).

 

Plus d’un quart des médecins libéraux sont pluriactifs et exercent une activité salariée en sus de leur activité libérale en cabinet ; ils sont plus d’un tiers parmi les spécialistes.

 

Alors que les professionnels de santé étaient déjà fortement féminisés par rapport à l’ensemble des non‑salariés fin 2008 (50% de femmes), la part des femmes a continué de progresser pour atteindre 61% fin 2017. Elle demeure plus faible parmi les médecins (40%) et les chirurgiens‑dentistes (43%), en hausse toutefois de 8 points.

 

En 2017, le revenu d’activité moyen atteint 5 020€ par mois.

Les médecins exerçant en tant que spécialistes libéraux (y compris remplaçants) et ceux travaillant dans les laboratoires d’analyse médicale perçoivent 11 010€ par mois en moyenne de leur activité libérale, les chirurgiens‑dentistes 9 110€, les généralistes (y compris remplaçants) 7 220€, et les vétérinaires (5 440€), alors que les professionnels paramédicaux perçoivent 3 510€.

 

Les écarts de rémunération entre femmes et hommes sont plus importants dans ce secteur que dans les autres secteurs de l’économie ; le volume de travail plus faible pour les femmes n’explique que partiellement cette hétérogénéité : ainsi, en médecine générale, les femmes perçoivent un revenu inférieur de 37% à celui de leurs collègues masculins alors que leur temps hebdomadaire n’est inférieur que de 15%.

 

Depuis 2012, les revenus des médecins ont progressé chaque année, aussi bien en médecine générale (+ 8,1% en € constants entre 2012 et 2017) qu’en médecine spécialisée (+ 4,8%) ; cette augmentation est portée par la multiplication des rémunérations forfaitaires (rémunération sur objectifs de santé publique, forfait « médecin traitant »), alors que le tarif de la consultation n’a été revalorisé qu’en fin de période.

Pour les chirurgiens‑dentistes, les revenus ont été moins dynamiques : + 2,1% entre 2012 et 2017.

Enfin, pour les autres professionnels de la santé, les revenus sont globalement stables.

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4470890

Fiches thématiques pages 132 à 142