Une typologie de créateurs en 3 groupes au sein du réseau BGE


"les TPE : analyser et segmenter pour mieux agir", BGE/Cereq, Le lab BGE lettre d'information N°7, été 2018

Méthodologie :  enquête par internet, d’une durée moyenne de 20 minutes, auprès de 56 741 entrepreneurs (48 000 environ ayant un mail, 40  000 ayant un mail valide distribué), porteurs de projets passés par BGE entre 2013 et 2016; 6 030 ont répondu (5 932 après apurements), mais les résultats sont pondérés au regard de l’échantillon initial.

86% sont toujours en activité à la date de l’enquête; par ailleurs 10% sont en formation, totalisant 96% en situation positive au regard de l’emploi.

 

Méthodologie des typologies : 3 groupes d’individus ont été différenciés par une classification ascendante hiérarchique. Cette méthode a pour objectif de répartir les individus en un certain nombre de classes calculées sur des mesures de dissimilarité entre les individus; les variables utilisées sont des variables de motivation (opportunité, souhait d’autonomie, création à cause de la perte d’un emploi), de mode de création (seul, en famille, avec des associés) et de situation précédent la création de l’entreprise (emploi, non emploi). 

 

Les créateurs du réseau BGE sont avant tout des demandeurs d’emploi; les femmes y sont nombreuses, mais les développeurs très minoritaires.

 

« Cette étude apporte, a minima, deux éléments nouveaux et qui nous semblent majeurs dans l’analyse des petites entreprises :

• « population type » : les variables de parcours de création n’ont pas permis de déterminer de « population type » de créateurs. C’est  en revanche sur leur motivation à entreprendre et leurs situations précédentes au regard de l’emploi que se distinguent différents types (ou groupes) de créateurs. 

• contexte et trajectoire (des personnes et des entreprises) : cette étude donne des éléments pour repérer des profils et mieux accompagner les trajectoires : segmentation, motivations, capacité, accès à la ressource, besoins en formation et en accompagnement… »

Un propos intéressant tenu par les responsables de l’étude mais peu vérifié et peu « opérationnel » dans les résultats produits dans le compte-rendu d’études, notamment en ce qui concerne comment mieux accompagner les créateurs demandeurs d’appui au réseau BGE.

 

⇒ Profil des répondants, spécificité des créateurs BGE

82% étaient demandeurs d’emploi (dont 13% de longue durée) vs 27% pour l’ensemble des créateurs.

42% sont des femmes, vs 28 pour l’ensemble des créateurs.

54% ont au plus le bac (dont 32% un niveau inférieur au bac) et 46% un niveau d’études supérieures (18% bac+2, 13% bac +3 et 4, 15% bac +5).

38% ont moins de 35 ans, 35% entre 35 et 45 ans et 27% plus de 45 ans.

 

⇒ Le profil des entreprises 

En terme d’équipe dirigeante, 24% ont crée avec un ou des associés, 8% en famille et 84% seuls.

56% ont crée en entreprise individuelle, et 44% en société (dont 14% en SAS, 12,5% en Sarl, 14% en Eurl  et EIRL).

Au démarrage, 12% ont embauché des salariés (avec un profil production pour 77%, commercial pour 26% et administratif pour 18%), vs 7% tout créateur non autoentrepreneur.

 

La clientèle (plusieurs réponses possibles) est à 70% locale, 33 % régionale, 20 % nationale, 10 % internationale. 
Elle est composée à 78% de particuliers, 43% d’entreprises, 16% d’administrations ou d’organismes publics et 13% d’associations.

31% de ces entreprises dépendent d’un petit nombre de clients.

Pour 51% la concurrence est forte, pour 29% moyenne et pour 20% faible; 84% de ceux qui perçoivent une concurrence forte pensent qu’ils vont se développer versus 80% de ceux qui perçoivent une concurrence faible.

 

86% n’ont pas de double activité. 67,5% des répondants travaillent en horaires décalés.

 

⇒ Le développement

 

-Pour 60%, leur chiffre d’affaires, depuis la création, est en augmentation régulière 18% stable 18,5% irrégulier 3,5% en régression (mais on ne sait pas quel % de hausse, et sur quelle durée)

-8% des entrepreneurs interrogés sont des « développeurs d’emplois » (entreprise qui a vu augmenter son effectif initial d’au moins 3 salariés entre 2014 et 2017). 3 ans après la création, le % des entreprises qui créent de l’emploi passe de 12 à 20%.

 

Il n’y a pas de différences notables du point de vue sociologique mais plusieurs variables sont explicatives

-L’investissement financier au moment de la création,

-La détermination (temps consacré, volonté de s’entourer de ressources, appels à des réseaux…),

-Les capacités (en lien avec l’acquisition de compétences),

– Les secteurs d’activité,

-Et des éléments transversaux impactant : plutôt un positionnement produit B to B, plutôt des personnes qui se représentent comme « chef d’entreprise », plutôt ceux dont la motivation à leur création d’entreprise est liée à une idée de service ou de produit ou à une opportunité qui s’est présentée (rentrée d’argent, reprise d’entreprise, etc.).

 

⇒ La satisfaction d’avoir crée et l’impact de l’accompagnement

 

Pour 89% des entrepreneurs, la création d’entreprises est une bonne expérience.

Pour 81% des personnes interrogées, BGE a été déterminant vs 88% pour les personnes avec un diplôme « infra bac » . Les apports de BGE dans la création d’entreprises ont été les suivants :

• Avoir été guidé pendant le parcours de création (90% oui tout à fait et oui plutôt)

• Avoir travaillé la rentabilité et le modèle économique de l’activité (78%) 

• Connaître et accéder à des financements existants (72%) 

Accomplir les formalités administratives de création (71%)

Durant la période préparatoire, « l’appui » a aussi concerné la famille et de l’entourage (43%), un réseau professionnel lié à leur métier (29%), un réseau de financement à la création (29%), des experts comptables (23%).

 

Les 3 principaux besoins de formation et d’accompagnement exprimés sont (en saisie libre, sans item proposé) : le numérique, la comptabilité-gestion et le commercial-marketing.

Pour ceux qui ont l’intention de développer, les besoins sont le financement (44%), le positionnement sur de nouveaux marchés (28%),  la formation (28%), l’accès à un réseau (26%),les conseils (26%), les aides à l’embauche (25%).

 

⇒ En ce qui concerne l’avenir, 82% ont l’intention de se développer; 86% dans leur région, 23% en France et 12% à l’international.

A terme de 10 ans, 59% pensent avoir développé, 15% se seraient stabilisés, 10% seraient partis en retraite, 5% dirigeraient une autre entreprise et 5% seraient devenus salarié d’une autre entreprise. 

 

⇒ Déclencheurs et motivations à entreprendre

 

2 motivations principales (citées en 1er lieu) : le souhait d’être indépendant et autonome dans ses décisions (37%) et l’exercice d’un métier qui plait (36%), loin devant la recherche d’emploi (11%) le fait d’avoir une idée de produit/service (9%), la saisie d’une opportunité (5%) ou le fait d’augmenter ses revenus (3%).

35% se définissent comme entrepreneur, 21% comme chef d’entreprise, 31% comme artisan et 13% comme commerçant.

Noter que 40% disent ne pas avoir d’entrepreneur dans leur entourage.

 

⇒ Une typologie en 3 groupes

 

1er groupe, les porteurs de projet (40% de la population observée)

Moins âgés (la moitié a moins de 36 ans) et moins concernés par les problèmes d’emploi (73% tout de même), ils sont presqu’autant des hommes (54%) que des femmes (46%). Ils viennent à la création d’entreprise pour réaliser un projet personnel qu’ils cherchent à faire mûrir, souvent dans les secteurs du commerce ou des services à la personne.

Leurs entreprises sont, pour 62% des entreprises individuelles, 13% des EURL, 11% sont des SAS, et 7% des SARL.

Ils se perçoivent autant comme des artisans (33%) que des entrepreneurs (31%) et un peu moins comme des chefs d’entreprises (21%).

Leur comportement à l’égard des recrutements de personnels est assez prudent (9% employeur dés le démarrage), mais leur confiance dans le développement de leur entreprise est forte puisqu’ils sont 79% à se voir dans 10 ans chef de leur entreprise.

 

2éme groupe, les opportunistes (36%)

Leur démarche s’appuie sur des ressources familiales ou provenant d’associés (40% d’entre eux), leur conférant une certaine surface financière et l’accès à différents réseaux relationnels.

14% ont repris une entreprise, voire réactivé leur propre entreprise mise un temps en sommeil.19,5% sont employeurs dés le démarrage.

Le statut de leur entreprise est assez diversifié traduisant l’implication familiale et d’associés dans leur démarche : 41% des entreprises sont des entreprises individuelles, 22% sont des SARL et 19% sont des SA/SAS.

A la suite d’un parcours professionnel se caractérisant par un certain nombre d’accidents (emplois courts, chômage), 94% sont sans emploi et sont à la recherche d’opportunités pour développer une activité économique.  

Plus souvent des hommes (62%), d’âge intermédiaire (la moitié a 38 ans et plus) dont le niveau de formation est moyen; ils se perçoivent plutôt en tant qu’entrepreneurs et chefs d’entreprises dont l’avenir est orienté vers le développement soutenu de leur activité (commerce, restauration, etc.). Compte tenu de ces secteurs d’activité, celui-ci passe par le recrutement de personnels et l’augmentation régulière du chiffre d’affaires.

L’optimisme est de mise chez ces créateurs puisqu’ils se perçoivent encore à la tête de leur entreprise dans quelques années.

 

3éme groupe, les créateurs de leur propre emploi (24%)

Ce groupe est constitué de personnes venant à l’entrepreneuriat à la suite d’importantes difficultés d’emploi marquées par une alternance de séquences d’emploi de plus en plus courtes et de séquences de chômage de plus en plus longues (tous sans emploi). 59% sont des hommes. Ils sont plus âgés (50% plus de 44 ans et même 25% plus de 50 ans), et sont moins diplômés (58% un diplôme inférieur au bac).

Ils ont bâti leur entreprise de toutes pièces sans l’aide d’associés (90%); 70% des entreprises sont individuelles; les moyens de démarrage sont assez faibles.

Ayant davantage comme modèle de référence celui de l’artisanat que celui de l’entrepreneuriat, leur priorité est de sécuriser leur entreprise afin qu’elle leur garantisse un emploi jusqu’à l’âge de la retraite. Cette perspective reste toutefois soumise au développement de leur entreprise qui est menacé par un chiffre d’affaires moins souvent en augmentation régulière que pour d’autres profils d’entrepreneurs.